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Le Sharenting : Faut-il vraiment exposer ses enfants sur les réseaux sociaux ?

Le mot sharenting est la contraction des mots share (partager) et parenting (paternité). Il désigne le fait d’exposer ses enfants sur les réseaux sociaux. Et pour cause, ce phénomène s’est banalisé, au point que 92% des enfants de moins de deux ans seraient exposés sur les réseaux sociaux.

Fiers de leurs enfants, et désireux de partager ce bonheur virtuellement, beaucoup de parents exposent leurs enfants sur les réseaux sociaux. Mais quels sont les risques pour les enfants ? Que dit la loi à ce sujet ? Les enfants sont-ils d’accord pour être exhibés sans leur consentement ?

Ce que dit la loi sur le sharenting

Concrètement, la loi n’est pas vraiment du côté des enfants sur ce sujet. En effet, avant leur majorité, les enfants partagent leur droit à l’image avec leurs parents. Ainsi, lorsque les parents publient des photos embarrassantes de leurs enfants, ils sont dans leur droit.

Mais rien ne garantit que l’enfant ne va pas porter plainte à sa majorité. En effet, en 2016, une jeune fille Autrichienne a porté plainte contre ses parents pour violation de son droit au respect de sa vie privée. Ses parents avaient publié plus de 500 photos d’elle embarrassantes : sur le pot, ou en train de se faire changer sa couche.

Outre le risque d’attirer des prédateurs sexuels, publier des photos de ses enfants sans leur consentement peut avoir un impact négatif sur l’estime de soi, et plus tard sur leur relation à l’image en ligne.

Ce qu’en pensent les enfants

Selon une étude menée par Microsoft, 42% des adolescents déclarent avoir un problème avec le sharenting. 11% d’entre eux estiment qu’il s’agit d’un problème préoccupant. Parallèlement, 66% des jeunes disent avoir été victimes d’au moins un risque en ligne à cause de leurs parents.

Ces données révèlent qu’une grande partie des enfants ne sont pas à l’aise avec l’idée d’être exposés sur Internet sans leur consentement.

Il y a plusieurs années, avant l’avènement des réseaux sociaux, il était bien ancré dans la conscience collective, que diffuser des données personnelles sur Internet présentait un danger. Ainsi, lorsque l’on publiait une photo de soi, nous faisions bien attention à ce qu’aucun élément permettant d’identifier notre adresse ou autre donnée personnelle, ne soit apparent.

Une vie idéalisée

Mais aujourd’hui, Facebook et Instagram sont devenus des vitrines sur lesquelles les internautes publient les moindres détails de leur vie privée. Une vie idéalisée qui ne correspond pas toujours à la réalité.

Et publier à outrance des clichés de leurs enfants, serait comme une extension narcissique de soi. Un peu comme un trophée, certains parents n’hésitent pas à exhiber leur progéniture, voire à leur créer un compte Instagram.

S’il est assez naturel et sain d’être fier de ses enfants et de vouloir les montrer à ses proches, les exposer de façon excessive sur les réseaux peut traduire d’un trouble narcissique. En effet, sur les réseaux sociaux, nous nous exposons au jugement des internautes. Et pour certaines personnes, la motivation à publier des clichés, serait la recherche de likes, pour se sentir valorisé.

Selon le psychologue Michaël Stora, « il ne faut pas non plus diaboliser les réseaux sociaux et les partages d’images. Ce dont il faut se méfier, c’est plutôt de la philosophie que véhiculent ces réseaux sociaux. Une philosophie d’un monde où tout va bien, où tout le monde doit être beau et performant. Mais qui peut être assez tyrannisante. L’enfant ne doit pas être un fétiche des idéaux parentaux ». 

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